Des graffitis de bateaux sur les bords de la Charente

La Charente (Port-d'Envaux, Charente-Maritime)

Où trouve-ton des graffitis de bateaux ?

Entre le XVe et le XIXe siècle, des personnes ont gravé dans la pierre les navires qui franchissaient les fleuves, rivières ou côtes à proximité desquels elles vivaient et travaillaient. On trouve ces gravures dans des lieux aussi divers que des églises (par exemple dans la crique de la basilique Saint-Eutrope de Saintes), des quais, des châteaux, des demeures bourgeoises. Ceci dans différentes régions, aux abords des fleuves comme en bord de mer. Par exemple, dans un livre paru en 2011, Françoise de Person (auteur) et Pierre Aucante (photographe) ont recensé 27 graffitis de navires dessinés sur des murs du château de Chambord, un lieu pouvant paraître inattendu pour des figurations de ce type. Mais à l’instar des innombrables graffitis de ce château qui racontent la vie du lieu dans sa diversité et selon une temporalité élargie, ces navires dessinés témoignent – notamment – du transport des pierres par les mariniers.

Sur d’autres sites, si des graffitis de bateaux ont été gravés par des mariniers, beaucoup l’ont également été dans des lieux d’enfermement, par exemple dans la Tour de La Lanterne à la Rochelle, une prison où des prisonniers ont gravé jusqu’à 600 dessins en différents endroits de l’édifice.

Hormis ces témoignages produits par des gens de métier, des promeneurs ont pu eux aussi garnir les murs de représentations en lien avec les passages de navires qui nourrissaient leur quotidien. Car si des graffitis de ce type peuvent pour partie faire office d’ex-voto, d’autres répondent à une fonction documentaire ou illustratrice dont la précision du trait étonne et séduit.

Sur les quais de Port-d’Envaux, une commune de Charente-Maritime

À Port d’Envaux, une commune de Charente Maritime située en bordure de la Charente, des représentations de navires ont été gravées sur les murs qui longent le chemin de halage. Certains se devinent sous le lichen tandis que d’autres sont bien conservés. Ils représentent en majorité des goélettes ou des frégates mais des gabarres aussi. En 2007, des chercheurs évoquaient les résultats d’une étude sur le fleuve Charente dont une partie concernait ces graffitis. Recensant 32 gravures, ils notaient que la plupart représentent des bateaux de mer. Un constat mis en corrélation avec le fait que « certains de ces navires remontaient le cours de la Charente jusqu’à Saintes » (Dumont A., Mariotti J.-Fr., et al., 2007).

Pendant plusieurs siècles, avant que le chemin de fer ne remplace le trafic fluvial, des navires ont emprunté la Charente pour transporter des denrées sont le vin ou le sel, mais aussi des matériaux dont les pierres de Crazannes (situé à quelques kilomètres de Port d’Envaux) utilisées dans la construction de nombreux édifices.

Ces bateaux gravés racontent donc un monde disparu que, d’une certaine façon, ils continuent de faire vivre. Avec force précisions d’ailleurs. L’un de ces graffitis, parfaitement bien conservé, présente avec soin mâts, voilures, cordages, l’ensemble étant agencé dans un dessin respectant les volumes et proportions.

A la Fontaine royale de Lupin à Saint-Nazaire sur Charente

Mais des bateaux gravés, on en voit en de nombreux autres lieux. Évidemment à proximité du littoral (ou de ce qu’il était plusieurs siècles en arrière comme à Brouage), tel ce joli bateau plat profondément gravé sur le mur extérieur de la Fontaine royale de Lupin à Saint-Nazaire sur Charente, près de Port-des-Barques, un lieu où des navires venaient s’approvisionner en eau potable.

Ou plus inattendu, ce bateau que l’on trouve sur un mur du séminaire de la Chaume, à Pont l’Abbé d’Arnoult… à une vingtaine de kilomètres de la côte donc…

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