Sur la rive gauche de la Seudre

Tout au long des 20 kms du parcours qui font se rejoindre l’Éguille et l’embouchure du fleuve au niveau de la Tremblade et de Marennes, l’activité ostréicole est largement présente, l’huitre de Marennes-Oléron étant un emblème de ce territoire, les parcs à huitres (ou claires) ayant remplacé la plupart des marais salants (on produit du sel à Mornac-sur-Seudre et au chenal de Luzac) où l’on exploitait le sel entre la période romaine et le XVIIIe siècle. Ces parcs forment aujourd’hui un espace aux allures de mosaïque avec des camaïeux de bleus, de verts et de bruns. Le charme qui s’en dégage fait écho à celui des cabanes ostréicoles aux couleurs souvent chamarrées.

L'Eguille : la porte d'entrée sur l'estuaire

L’Éguille est en quelque sorte la porte d’entrée d’un estuaire qui se termine à la Tremblade, sur la rive gauche de la Seudre, et à Marennes sur la rive droite. Le village est construit sur un petit plateau calcaire dont il tirerait son nom (ACUS et AGULHE dans les textes du Moyen Âge puis L’AIGUILLE). Randonnées et visites y sont proposées, notamment pour se familiariser avec l’activité ostréicole, mais aussi pour apprécier la richesse et les spécificités de la faune et de la flore.

Ici, comme dans les villages avoisinants, le soin apporté par les ostréiculteurs à l’entretien des cabanes dessine un environnement typique qu’enchantent les claires, des bassins qui se remplissent d’eau de mer à marée montante et dans lesquels sont affinées et élevées les huîtres Marennes Oléron. C’est en effet à ce procédé que l’on doit la couleur et la saveur de ces huîtres plates mises en contact avec la navicule bleue, une algue microscopique qui pousse dans les claires de la région. Pour plus d’informations, voir : https://www.francenaissain.com/l-huitre/l-huitre-et-ses-origines/l-huitre-a-travers-l-histoire/ ; http://www.pays-royannais-patrimoine.com/themes/paysages/le-pays-de-la-seudre-a-maree-decouverte/d-eau-douce-et-d-eau-salee/

Les histoires de Mornac

Si ce village est, comme ses voisins, tourné vers le secteur ostréicole, une large partie de ses activités est également en lien avec le tourisme. Classé parmi les plus beaux villages de France, Mornac-sur-Seudre attire de nombreux touristes qui visitent autant son port et ses cabanes que ses ruelles médiévales, son église du XIe-XVe siècle et ses halles du XIVe siècle soigneusement restaurées. Car l’histoire de ce village est contrastée : elle est à la fois celle d’une période prospère (le négoce du sel) et celle de moments tragiques dont les guerres de religion.

Ainsi l’Église Saint-Pierre de Mornac porte-t-elle la trace de cette histoire à travers les restaurations successives qu’elle a connues. Par exemple, son clocher a été détruit deux fois : au moment des guerres de religion une première fois ; en 1943 ensuite, lors d’un incendie. D’ailleurs, si le clocher actuel présente une disposition défensive, celle-ci est le fait des architectes contemporains qui en ont conçu la restauration. L’intérieur est lui aussi impacté par les reconstructions telle celle de la charpente apparente recouvrant la nef et qui donne à l’ensemble une allure de navire. Il porte aussi les traces de la vie locale : un bénitier en coquillage, précisément le tridacna ou bénitier (courant dans les églises) ; un navire en guise d’ex-voto ; des peintures du XVIIe siècle représentant une ceinture funéraire qui rend hommage à un seigneur de Mornac.

Quant aux murs de l’église, les longer permet un joli point de vue sur l’édifice mais aussi sur son environnement. Par exemple les sarcophages qui y sont déposés témoignent de la présence d’un cimetière mérovingien. En outre, le chevet de l’église qui comporte trois niveaux est gracieux tout en étant modeste et il donne un bon aperçu de l’art roman dans la région.

Restaurants, boutiques d’artisanat, ateliers d’artistes apportent de l’animation à cet ancien port de pêche et de commerce. Car avant que la ville de Rochefort n’accueille un arsenal (1666), Mornac-sur-Seudre pouvait recevoir d’imposantes embarcations venues en ce lieu charger du sel. Une évocation que l’on peine à imaginer aujourd’hui tant le port paraît étroit… En revanche, si l’on y prête attention, on peut remarquer les traces laissées par cette histoire. Par exemple, dans le port, avec la reconstruction de cet ancien feu qui guidait les bateaux dans le port, ou encore, sur certaines maisons, quelques pierres laissées par les marins.

Enfin, la perspective qu’offre Mornac-sur-Seudre sur les marais est réjouissante en même temps qu’accessible pour un visiteur inexpérimenté. Quand on longe le chenal en partant du port, on rejoint des zones moins fréquentées. Elles offrent la possibilité de découvrir la diversité écologique de ces espaces, quel que soit le moment de l’année ou quelle que soit l’heure de la journée. Une particularité : selon les horaires des marées, on voit le paysage se transformer, de même que diffèrent les sons et activités environnantes.

Le port de Chatressac sur la commune de Chaillevette

Au bout de la jetée du port de Chatressac, le chenal se jette dans l’estuaire et présente une vue splendide. S’y rendre au levé du jour quand le soleil est rasant procure un plaisir immense. Dans un reportage de France 3 Poitou-Charentes (collection Cap Sud Ouest accessible sur YouTube), diffusé le 22 avril 2018, Yann décrit au journaliste Éric Perrin les atouts des marais salés et de l’estuaire, notamment à hauteur de cet embranchement que lui-même emprunte dans le cadre de son activité. Ce dernier organise en effet des circuits en kayak, sensibilisant les visiteurs à la magie sonore ou visuelle d’un site attachant (voir son site : https://www.seudrementkayak.com/#filter=.home).

Moins fréquenté que ne l’est le village de Mornac-sur-Seudre, ce lieu offre un panorama et une atmosphère à ne surtout pas manquer .

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