Interrogations

Des symboles parfois mystérieux

Pendant plusieurs années, la ville de Tonnay-Charente a procédé à un relevé des graffitis de l’Église paroissiale Saint-Étienne qui datent pour la plupart de la deuxième moitié du XVIe siècle. Si les informations figurant sur beaucoup d’entre eux permettent de restituer une signification (dates, noms, activités), leur absence sur d’autres, par exemple quand des symboles sont représentés, rend impossible leur déchiffrage. Même si les graffitis du pont suspendu sont plus récents, on est confronté à une difficulté du même ordre. L’utilisation de symboles est une source d’interrogations pouvant rester sans réponse auxquelles s’ajoutent deux autres difficultés : la datation et l’interprétation des messages qui paraissent s’adresser à un interlocuteur.

En ce qui concerne la datation, une partie seulement des graffitis étant datée, il est hasardeux d’en établir une chronologie précise. D’ailleurs, il peut arriver que, même quand une date est mentionnée, une incertitude demeure quant à sa signification. Ainsi en est-il de ce graffiti daté 1825 (le chiffre 5 n’est pas tout à fait certain mais le nom indiqué est lisible : D ROY). Or, à cette date, la construction du pont n’avait pas encore commencé. Doit-on y lire une année de naissance ?

Une sociabilité amicale

Concernant les messages, quand ceux-ci sont anciens, ils s’inscrivent dans des formes de sociabilité amicale qui nous échappent aujourd’hui : « Marcel Ligneron dit couche-tout-nu dit le vin blanc St Anne 1893 ». Probablement, l’homme dont il est question était-il un bon vivant. Au-delà de cette interprétation, si l’on ne sait rien des relations suggérées par cette phrase, on perçoit la complicité qui reliait des personnes entre elles.

Il en est de même des objets, figures ou symboles qui sont représentés sous le pont et qui sont autant d’inconnus pour qui n’est pas destinataire ou complice de l’échange. Sur des parois, on peut ainsi repérer une date isolée (1879 ?), le dessin d’une arme à feu, des dates et symboles mêlés, etc… 

Même si les motivations de leurs auteurs restent mystérieuses, la présence de ces dessins est un signe de la vitalité sociale du pont suspendu à travers les siècles. Quelles que soient les périodes, même si certaines semblent avoir moins inspiré les promeneurs que d’autres, le pont a été et il l’est toujours fréquenté par des personnes qui se sont servies de ses parois comme d’un moyen d’expression. Que ces dernières soient venues écrire leur nom ou leur amour, leur amitié, leur désir, leur colère, leur engagement ou leur tristesse, elles ont partagé des sentiments dont il reste les traces aujourd’hui encore. Surtout, ils ont dit leur présence en ce lieu. Comme l’ont fait M. Poupin ou Ribaud Paul à un moment de leur existence

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