Des graffitis au Parc du Mugel à la Ciotat

Un site exceptionnel

Le Parc du Mugel est exceptionnel par son agencement mais aussi par sa situation qui permet au visiteur d’avoir, selon le lieu où il se trouve, vue sur la mer couleur émeraude, sur le chantier naval ou sur cet étonnant Bec de l’Aigle formé de poudingue, un conglomérat très particulier de sable et de galets. D’une hauteur de 155 mètres, le Bec de l’Aigle protège le parc du vent. Ce qui a pour effet de favoriser une végétation luxuriante dont  « les cactées, les agrumes, les chênes, le jardin des aromates et les bambous ». On y trouve aussi des noms gourmands tels « caroubiers, oiseaux du paradis, thunbergia grandiflora, aristolochia grandiflora et autres plantes exotiques ».

Dans le blog (http://www.florencegindre.fr/2017/09/france-parc-mugel/), l’auteure – une ingénieure paysagiste qui a travaillé dans le Parc du Mugel – retrace l’histoire du site : « Au début du XIXe, trois propriétés constituent le site du Mugel – Bec de l’Aigle dont les propriétaires se succèdent au fil des ans à la suite d’acquisitions et d’héritages. Les cultures ne varient pas : vignes et oliviers dominent, quelques petits labours sur les parties les mieux exposées et un jardin potager dans le bas du vallon. Une pâture a également lieu sur la pente conduisant au belvédère. En 1868, Charles Emile Robert, négociant à Calcutta, acquiert un des terrains. En 1869, il en achète un deuxième et en 1870, un troisième. Ainsi, en 1870, pour la première fois, le site du Mugel n’appartient qu’à un seul propriétaire et cela jusqu’en 1952 ».

Si c’est dans les années 80 que ce parc de 12 hectares a ouvert au public, il fut réhabilité à la fin des années 90 et au début des années 2000, et reçut le label de Jardin remarquable en 2007.

De l'art urbain au détour d'un chemin

Sur les hauteurs du parc, face au Bec de l’Aigle, avec vue sur l’Île verte et le golfe de la Ciotat, une surprise attend le visiteur. Les murs d’une maison à deux niveaux aux volets fermés et ouvertures protégées sont entièrement recouverts de fresques murales, de tags, de flops ou de graffs…

Aucune surface n’a échappé à l’imagination des graffeurs. Qu’il s’agisse des murs, des poutres, des encadrements ou protection des fenêtres, chaque portion de cette maison ainsi que d’un local technique situé à proximité porte les traces du passage de nombreux dessinateurs…

Pour beaucoup d’entre eux, les graffitis datent de 2019. Les signatures sont plus ou moins travaillées. Elles sont  de tailles diverses et occupent un espace variable sur les surfaces…

Dans cet ensemble foisonnant, s’entremêlent des fresques aux traits assurés et de simples signatures.

La Ciotat et l'art urbain

De l’art urbain dans un parc protégé peut sembler inapproprié… Pour autant, le geste n’est probablement pas sans rapport avec la vie du Street art à La Ciotat. Chaque été, en effet, et ceci depuis 2011, la digue de la ville est repeinte aux couleurs du Street art à l’occasion de la Jam Graffiti. 80 artistes environ, venant de différentes villes françaises et européennes, y prennent possession d’un pan de la digue pour créer des œuvres dont le motif répond à un thème imposé qui change d’une année à l’autre (en 2019, par exemple, le thème était celui du cinéma, en 2020, il était celui de la Covid-19). A l’initiative d’un artiste, Noar (ou Sabri) qui découvrit ce site, l’événement est désormais un rendez-vous important de la Ville mais aussi du Street art.

 

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Presse régionale, pages Facebook ou Instagram , journaux municipaux… font la part belle à cet événement qui transforme la digue en un support artistique et ludique toujours renouvelé, la surface changeant de style et d’allure d’une année à l’autre. Professionnels et amateurs du Street art s’y donnent rendez-vous, partageant le temps d’un week-end un même intérêt pour ce moyen d’expression. Si la Ville de La Ciotat soutient la Jam Graffiti depuis 2019, elle soutient aussi d’autres initiatives dont une exposition sur le Street art, organisée par la Galerie alternative et solidaire du collectif AVC (Arts Visuels & Contemporains) créé en 2015. Dans cette démarche, on y voit le souhait – comme c’est le cas dans les villes qui adoptent une approche similaire – de redynamiser le tissu urbain.

Pour autant, la mise en avant de l’art urbain au niveau collectif et le soutien apporté aux associations ou collectifs qui s’en réclament ne met aucunement fin aux actions spontanées et quelque peu « pirates » de graffeurs. C’est de ce mouvement dont attestent les productions de la maison du Parc du Mugel. Et si l’indépendance dont ces graffeurs font preuve peut s’apparenter à une action subversive, celle-ci reste néanmoins au fondement de l’art urbain. Ceci au regard d’une histoire qui irrigue de part en part son ADN.

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